06/01/2026
Actualités scéniques - Actualités Théâtre/Public
Chasselay et autres massacres
Texte et mise en scène Eva Doumbia
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06/01/2026
Actualités scéniques - Actualités Théâtre/Public
Texte et mise en scène Eva Doumbia
Texte et mise en scène Eva Doumbia (Actes Sud-Papiers, 2024)
Du mercredi 14 au samedi 24 janvier au Théâtre Public de Montreuil
Avec Lyly Chartier-Mignauw, Simon Decobert, Mata Gabin (en alternance avec Aminata Abdoulaye), Clémentine Ménard, Anthony Poupard, Frederico Semedo Rocha, Souleymane Sylla, Jocelyne Monier
Musique et chants Lionel Elian et Lamine Soumano
Chasselay, le 12 juin 1940. Le 25e régiment des tirailleurs sénégalais vient d’arriver. Les hommes du lieutenant Marcel Dancourt réquisitionnent le couvent de Montluzin. Les villageois n’ont jamais vu d’hommes noirs. Certains sont effrayés, d’autres curieux : personne n’est indifférent. Deux jeunes villageois, frères et sœurs, Rosette se lient d’amitié avec le sergent Modou Diarra, originaire du Soudan (actuel Mali). Quelques jours après l’installation du camp, un jeune homme étranger arrive : Harald Abdoulaye Diarra est métis, né pendant l’occupation de la Rhénanie par l’armée allemande des amours d’une allemande et d’un soldat de la coloniale. Sa mère l’a envoyé se cacher après sa vasectomie ordonnée par le pouvoir nazi. Il cherche son père dont il croit qu’il est venu combattre. Mais celui étant décédé, il découvre qu’il est le frère du sergent Diarra. Modou cache à ses supérieurs la germanité de son frère pour éviter qu’il ne soit accusé d’espionnage et exécuté, mais refuse qu’il combatte au côté des français. Fermiers, officiers blancs et tirailleurs constituent une communauté naissante, avec rires, repas frugaux mais partagés. On oublierait presque qu’une bataille est en train de se préparer. Un début d’histoire d’amour commence entre Rosette et Harald, vu d’un mauvais œil par son frère Armand qui décide de la marier rapidement à l’un de leurs voisins. Il y a d’autres personnages, dont Henriette Morin, pharmacienne du village, qui a ouvert un poste de secours ou Clotilde Cauchard, la mère supérieure du couvent de Montluzin (Ces deux dernières ayant existé.) Pendant ce temps, les préparatifs pour les combats s’intensifient. Pourtant sans que le 25e RTA ne le sache, le Maréchal Pétain a demandé l’armistice à l’armée allemande. Le jour de l’attaque arrive le 19 juin. C’est une défaite. Les nazis séparent les prisonniers en deux groupes : blancs d’un côté et noirs de l’autre. Ils font marcher les soldats noirs pendant des kilomètres, puis leur ordonnent de se disperser dans les bois. Puis ils les massacrent sous les yeux des villageois. Ceux-ci bravent les ordres de allemands et les enterrent après les avoir identifiés. Lorsque la guerre est finie, Harald part au Soudan porter la nouvelle de la mort de son frère. Il s’installe au village, y fonde une famille. C’est de cette famille que naîtra, trois générations plus tard, celle qui constitue celle du texte, « Le Iench » (Actes Sud-Papiers, 2020).
Conception, mise en scène et textes additionnels : Eva Doumbia
Du vendredi 16 au jeudi 22 Janvier 2026 au Théâtre Public de Montreuil
Matériaux textuels : archives dont la correspondance de Sarah Romentz et Germaine Guillotin, les articles de la Société de l’Histoire d’Elbeuf…
Création musicale : Lionel Elian
Avec : Julien Frégé et Olive Malleville
L’histoire de cette correspondance pourrait être le début d’un film ou d’un livre. La société de l’Histoire d’Elbeuf, une institution locale composée d’historiens professionnels et amateurs avait publié en 1994 un numéro sur les juifs d’Elbeuf pendant la Seconde Guerre Mondiale. Un article est constitué d’une liste indiquant les noms des personnes déportées en camp de concentration ainsi que des éléments biographiques les concernant. En dessous du nom « Sarah Romentz », il est indiqué le peu d’éléments connus sur la vie de cette jeune fille. Quelques mois plus tard, les historiens reçoivent un courrier d’une vieille dame. Elle s’appelle Germaine Guillotin et possède depuis plus de 50 ans les lettres que lui avait envoyées son amie Sarah, alors à Drancy. Celle-ci fut déportée en camp de concentration en janvier 1943 où elle décéda en mars. Mises en contexte, ces lettres retracent la chronologie des événements qui ont mené à la déportation de 92 personnes juives vivant et travaillant à Elbeuf, puis à la mort ou la disparition de 34 d’entre elles. Il n’y a que cinq missives, mais le travail de la Société de l’Histoire d’Elbeuf nous fournit la matière à mettre en perspective, situer dans le temps et la géographie. La teneur de ces courriers, leur quotidienneté, leur facture simple nous informe avec précision de la réalité de ce qu’a été ce moment, comment les personnes déportées vivaient cette situation. Cela permet d’interroger la manière dont la banalité s’insère dans des moments avant qu’ils ne deviennent historiques.
La trajectoire artistique d’Eva Doumbia, marquée par un itinéraire entre l’Europe, l’Afrique et les Amériques, l’inscrit dans une triangulation créole qui l’a amenée à réfléchir aux vécus des identités afro-diasporiques. Son théâtre mobilise une multiplicité de langages artistiques, afin de déployer simultanément plusieurs points de vue et de contrer les narratifs dominants. Elle développe ainsi des formes originales qui visent à proposer une alternative aux pratiques théâtrales occidentales. En mettant en scène des personnages dont les voix ont été historiquement tues, elle réinvente le principe du théâtre documentaire et croise une certaine dimension naturaliste avec l’intime des récits de la micro-Histoire.*
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