Novarina : l’écriture, le livre et la scène

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21/01/2026

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Novarina : l’écriture, le livre et la scène

De "Entrée perpétuelle" à "Difficile sortie d’animal" | Valère Novarina dans Théâtre/Public

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Le Vrai sang, de Valère Novarina. Cahier-photos © Alain Fonteray, Théâtre/Public#200

« Je ne viens pas au théâtre pour qu’on me montre quoi que ce soit, mais pour voir l’acteur manger dans sa manducation invisible toutes mes paroles d’avant. »

Valère Novarina – Entrée perpétuelle, Théâtre/Public #66

 

À l’automne 1985, Théâtre/Public publiait des extraits inédits d’un texte de Valère Novarina fraichement lu par André Marcon au cours des cartes blanches de Théâtre Ouvert à Avignon. Il s’agissait de Pour Louis de Funès, édité pour la première fois l’année d’après chez Actes Sud-Papiers, précédé de Lettre aux acteurs. Il posait les premiers actes de son Théâtre des paroles, rassemblé dans première une anthologie en 1989 aux éditions P.O.L. qui accompagnera par la suite toute son œuvre jusqu’au prochain et dernier livre intitulé Désoubli (en librairie, le 5 mars prochain).

À l’automne 1986, Théâtre/Public a consacré une première fois la couverture de son 72e numéro à Novarina avec un dessin (Jean qui Corde) pour la présentation du Discours aux animaux dans le cadre du Festival d’Automne à Paris. Noëlle Renaude recueillait à cette occasion la parole du dramaturge et peintre :

« […/…] Jouer, c’est réécrire publiquement, c’est restituer le moment ou l’écriture était dans la chair. Avant que ça ne soit dans un livre, c’était dans un corps. L’acteur retrouve ce moment où les mots  sortaient d’une chair. Voilà la profondeur du théâtre. Il rend toutes les idées à la chair, il remet tout dans les corps. Les idées ne sont pas des choses qui s’échangent au-dessus de nos têtes. Elles viennent d’un point précis de l’espace, d’une incarnation. Le théâtre ramène nos paroles, nos idées, à de la chair mortelle qui parle. Il ramène la littérature à la périssabilité, à la charnelléité, il nous fait remordre la poussière joyeusement. C’est une très salutaire combustion pour nos mots. Le théâtre purifie. C’est la meilleure fin pour un texte que d’être brûlé sur un plateau. C’est un très bon incendie. Pour la littérature, le théâtre est une des meilleures fins possibles. […/…] »

Le désir de vertige – Entretien avec V. Novarina par N. Renaude, Théâtre/Public #72 
Théâtre/Public
Dessins de V. Novarina pour Théâtre/Public #72

En 1989, Novarina est  à nouveau accueilli par le Festival d’Automne pour la création de Vous qui habitez le temps. Noëlle Renaude reprend le fil de la conversation avec l’auteur et metteur en scène dans un entretien publié dans le n°90 :

« […/…] Chaque chose doit venir en son temps, naître d’un centre mystérieux, qui serait le centre d’émission de la parole. Si les acteurs écoutent bien le texte, s’ils ouvrent bien leurs oreilles, mentales et physiques, s’ils entendent bien les sonorités et ce que les phrases veulent dire, tout sort facilement, naturellement. Sans s’en apercevoir, il seront passés de la page à l’espace, de l’espace de la page à celui du plateau. Du lecteur à l’acteur, il n’y a qu’un pas. Il y a tout un chant dans la tête et déjà tout un théâtre dans la vraie lecture. »

Le théâtre doit nous sortir du sommeil matérialiste – Entretien avec V. Novarina réalisé par N. Renaude, Théâtre/Public #90

 

À l’automne 1991, Théâtre/Public recueille à nouveau la parole de Novarina pour la reprise, toujours dans le cadre du Festival d’Automne, de Vous qui habitez le temps dans une version écourtée  au Théâtre de la Bastille, Je suis :

« […/…] Dans un cas comme dans l’autre, dans le livre à lire ou sur la scène à voir, il s’agit de théâtre dans la tête, de théâtre non-fini, de théâtre à l’état natif, à l’état naissant… C’est le théâtre tel qui apparait quand on l’écrit, avec prolifération soudaine, inversion du monde, pullulement, renversement de tout. Du théâtre impossible et proche de ce qu’il y a de plus abrupt dans la pensée, proche de ce renversement, de cette négation avancée par le langage même. »

Offrir le théâtre aux acteurs – Entretien avec V. Novarina réalisé par N. Renaude, Novarina : l’écriture, le livre et la scène, Théâtre/Public #101-102

 

Au printemps 2011, Novarina inaugurait la nouvelle aventure éditoriale de Théâtre/Public – nouvelle maquette, nouvelle identité graphique, nouveau format – avec en couverture du 200e numéro, un dessin extrait de ses carnets de mise en scène, à l’occasion de sa douzième création Le Vrai sang  présenté au Théâtre national de l’Odéon. Le dossier de ce numéro, initié par Bernard Sobel, accompagne cette mue en invitant artistes, poètes, philosophes, psychanalystes, plasticiens à explorer une vertigineuse thématique : Quel moi ? C’est-à-dire qui est ce moi quand je dis moi ?

Le dossier s’ouvre avec un texte titré sans titre :  « Sur scène, s’opère publiquement et en langues visibles, le retournement du sens commun : en aucun lieu au monde nous ne venons autant désadhérer. Et quitter la cause humaine. Et voir l’animal parler. » 

« […/…] Quel moi ? ‘Je tu il’. ‘Moi toi lui.’ Quel moi ? Qui es-tu ? Quel moi ? Réponse : personne. ‘Quelqu’un avec ‘personne dedans’.  Non un homme mais une cabane à ciel ouvert. Non l’individu, le propriétaire humain, mais personne. Personne. Là où les langues pensent le plus, c’est presque toujours dans les mots réversibles ! Sur le fil, à la frontière et à la lisière invisible des retournements. Là est le tranchant de l’esprit, son envers déjouant le calcul humain. Là est l’énergie vraie du langage et sa très vive sexualité. […/…] »

Sans titre, V. Novarina, Théâtre/Public #200
Théâtre/Public
Dessins extraits des carnets de mise en scène de V. Novarina pour Théâtre/Public #200

« Chez Valère Novarina, ce qui étonne c’est qu’en cheminant loin des sentiers battus, il a non seulement défriché un territoire qui n’est qu’à lui, mais qu’il a de surcroît mené à bien une grande synthèse littéraire. Il s’est, en effet, prévalu de toutes les grandes énergies stylistiques que notre modernité a reconnues : le mutisme et le polystylisme rimbaldiens comme le ‘bla-bla’ beckettien, l’écriture automatique  des surréalistes, les procédés rousséliens, les pulsions néologiques d’Artaud, la conception lacanienne de l’inconscient, pour les codifier et les fondre à des apports marginaux (ou marginalisés) tels les écrits bruts, l’argot, etc., comme si par capillarité, toutes ces expériences avaient soudainement afflué dans son texte pour pétrir de nouveau. »

Une mère lointaine, Philippe Di Meo, Théâtre/Public #72

Retrouvez les entretiens avec Valère Novarina, les réflexions et analyses sur son œuvre, dans les archives de Théâtre/Public :

 

Valère NovarinaSans titre
Valère NovarinaDifficile sortie d’animal
Isabelle Babin« aujourd’hui, jour du niement » Le Vrai sang de Valère Novarina

Isabelle Babin, Valère NovarinaDire donner
Philippe BartheletValère Novarina ou l’assomption du langage

  • Théâtre/Public #184 |2007| Théâtre contemporain : écriture textuelle, écriture scénique : Yan Ciret, Valère Novarina – L’inquiétude rythmique (en commande au format papier)
  • Théâtre/Public #183 |2006| À propos de dramaturgie contemporaine (en commande au format papier) :

Sylvie RoquesScènes anatomiques du théâtre contemporain – Les représentations du corps chez Philippe Minyana et Valère Novarina
Michel CorvinL’esprit du lieu, d’Eschyle à Renaude – Un espace mental – Vinaver, Novarina, Renaude

  • Théâtre/Public #130-131 |1996| Tragédies anciennes, tragédies contemporaines : Étienne Marest – Eschyle / Novarina : du sacrifice au théâtre (en commande au format papier)
  • Théâtre/Public #101-102 |1991| Festival d’Automne à Paris 1991: Entretien avec Valère Novarina, réalisé par Noëlle Renaude, suivi de propos de Roséliane Goldstein, Manuela Morgaine et Daniel Znyk, recueillis par Noëlle Renaude – Novarina : l’écriture, le livre et la scène (en commande au format papier)
  • Théâtre/Public #99  |1991| Auteurs « en direct » au lycée – Ateliers d’écriture dramatique: Valère Novarina – Lettre à Jean-Pierre Loriol (en commande au format papier)
  • Théâtre/Public #90 |1989| Festival d’Automne à Paris 89: Entretien avec Valère Novarina, réalisé par Noëlle Renaude – Le théâtre doit nous sortir du sommeil matérialiste (en commande au format papier)
  • Théâtre/Public #82-83  |1988| Théâtre-Éducation: Philippe Di Meo, Noëlle RenaudeSur Valère Novarina (en commande au format papier)
  • Théâtre/Public #76-77 |1987| L’acteur, le comédien: Noëlle Renaude – L’acteur prédicateur, André Marcon dans Le discours aux animaux de Valère Novarina, et Jean-Quentin Châtelain dans Mars de Fritz Zorn (en commande au format papier)
  • Théâtre/Public #72 |1986| Festival d’Automne à Paris 1986 (en commande au format papier) :

Valère Novarina, Noëlle renaudeLe désir de vertige
Éric Faure, Jean-Paul LebessonValère Novarina peint le décor du Drame de la vie
Philippe Di MeoUne mère lointaine

  • Théâtre/Public #66 |1985| Le retour des comédiens: Valère Novarina – Entrée perpétuelle (en commande au format papier)

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